Le premier cadeau qui m’a vraiment marquée: un piano. Le deuxième ? Une machine à écrire. Je ne suis pas l’enfant qui a eu le plus d’amis imaginaires, mais chacun avait sa mission, dont un surtout : le crayon rouge. Celui qui a été responsable de toutes les bêtises de mon enfance. Il y avait toujours une histoire pour appuyer les justifications, c’est ce qui a poussé mes parents à me donner les moyens de les coucher par écrit. Ça a été la révélation. 

Depuis aussi longtemps que je me souvienne, j’aime inventer des histoires, et mon imaginaire, toujours plus alimenté par mes lectures, les jeux et ce que je regardais, n’arrivait plus à s’arrêter. J’ai tenté la BD, mais dessiner des cases a éprouvé ma patience. J’ai envisagé le cinéma, mais le besoin matériel m’a fait presque aussitôt changer d’avis. Alors je suis revenue à l’écriture. Et que d’histoires inventées ! Malheureusement jamais gratifiées d’une conclusion.

Puis un jour en cours de français, notre professeur qui nous encourage à s’essayer à l’écriture de nouvelles. En parallèle je découvre l’Assassin Royal de Robin Hobb. Le style m’a plu, inspirée, et je me dis « essaie jusqu’au bout pour une fois ». Il aura fallu neuf ans aux Sceaux d’éther pour voir le jour, complet. Puis je me suis dit « et après ? ». 

Après des études en environnement qui n’ont abouti à rien, pendant que je traversais le marécage du « trop qualifiée qui n’a pas assez d’expérience », j’ai rencontré Anne-Lyse BLASCO et soudain, un nouveau souffle. Comme trouver une échelle pour escalader le mur qui me bloquait depuis si longtemps. Et le « après » est venu naturellement.

Être auteure n’est pas simple, je l’ai bien compris. Mais toute victoire devient gratifiante et tout échec n’est qu’une incitation à se relever pour tenter de faire mieux. C’est un mélange d’expériences qui nous obligent à sortir de notre zone de confort en nous permettant pourtant de nous épanouir dans ce qu’on aime. Écrire me permet de mettre à profit tout ce que j’ai vécu et tout ce que j’ai appris. Ça me donne l’impression que la période de brouillard elle aussi a eu un sens. Et aujourd’hui, je suis convaincue de vivre l’aventure de ma vie.

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