
Ophélie Lécuyer compte parmi les derniers auteurs arrivés à L’Entre-Rêve édition. Son premier ouvrage de science-fiction, Infra, a trouvé très rapidement son public. Mais qui se cache derrière cette plume ? Et que nous réserve-t-elle pour la suite ?
As-tu toujours écrit ?
En fait, avant d’écrire, j’ai toujours lu, des récits en tous genres, qui ont nourri et nourrissent au quotidien mon imaginaire. J’ai commencé à écrire dès l’école élémentaire, c’était un échappatoire naturel. Et c’est mon instituteur de CM2, Philippe Reyné, pour qui j’aurai toujours une infinie gratitude, qui a remarqué cette fibre créative et m’a vivement encouragée dans cette voie. Il m’a fait découvrir de nombreux auteurs, notamment Daniel Pennac et Marcel Aymé.
Entre le collège et le lycée, j’ai écrit deux romans, bien entendu, rien qui ne soit publiable mais ce sont des histoires qui font encore partie de moi. En parallèle, j’ai composé des centaines de chansons, paroles et musique, en français et en anglais, ainsi que des scénarios de court-métrages.
À l’université, j’ai beaucoup écrit mais outre les BD humoristiques et parodiques pour distraire les copains, je rédigeais davantage des dossiers de recherche, puis le mémoire de master, et enfin, mon bébé de 500 pages : la thèse de doctorat.
Bref, l’écriture se décline à l’infini, elle est mon oxygène.
Quel genre d’auteur es-tu ? Jardinier ou architecte ? (se lancer sans trame ou se lancer avec l’histoire ficelée du début à la fin)
Alors je dirais plutôt jardinier, même si les deux me paraissent complémentaires.
Généralement, je n’ai en tête qu’un ou deux personnages et un environnement ou un concept. Je pars de ça. Ensuite, très honnêtement, ça me vient au fil de l’eau. En réalité, ce sont les personnages qui écrivent l’histoire, je me laisse porter par leur personnalité et surprendre par leur spontanéité. Par exemple, dans Infra, je ne pensais pas que le personnage d’Ulrich prendrait une telle ampleur… Mais au fur et à mesure, il s’est imposé comme une évidence ! Et c’est ça qui est merveilleux dans l’écriture : tout est possible.
Faut-il des conditions particulières pour que tu puisses écrire ?
Aucune condition ! J’écris partout en toute condition : dans un café, un aéroport, un train, sur un banc… Avec ou sans musique, cela dépend. Non, en revanche, il faut que je sois disposée émotionnellement pour le faire. C’est-à-dire que je dois en avoir envie, tout simplement. Or l’écriture est un processus, et cela nécessite parfois de faire des pauses, de réfléchir, de prendre le temps. Alors oui, il peut se passer des semaines voire des mois sans production, mais ça ne signifie pas que c’est stérile pour autant, l’imagination turbine en permanence et c’est du pur bonheur quand on reprend la plume.
Pensais-tu un jour publier tes histoires ?
Eh bien, j’ai tenté à l’époque du collège de publier le roman que j’avais écrit. J’y croyais dur comme fer mais soyons honnête, c’était un joli délire de collégienne. Cela dit, je ne me suis pas découragée. Pour être franche, je ne crois pas qu’en écrivant Infra, je voyais aussi loin. De nos jours, c’est très dur d’être publiée et franchement je vois d’un mauvais œil l’autoédition, qui est la porte ouverte au grand n’importe quoi tant qu’on a l’argent (Proust, pardonne-moi). Donc je me disais « Si aucune maison ne te veut c’est que tu n’as pas le niveau ou que tu ne coches pas les standards » et ce n’est pas grave. L’objectif c’était d’écrire. Je ne le fais pas pour la gloire ou la richesse 😂. Alors, voir Infra publier aujourd’hui… C’est purement un rêve d’enfance qui se réalise. Ne jamais abandonner ses rêves d’enfant, c’est la morale de cette belle histoire.
Pourquoi la science-fiction (SF) pour ton premier roman ?
C’est mon dada depuis toujours. Enfin, la SF et le fantastique pour être plus exacte. Outre le fait que j’ai grandi en lisant des grands noms de ces genres et que j’adore la SF au cinéma, je pense aussi que la SF me correspond en ce qu’elle permet de projeter notre société actuelle dans un univers très proche. C’est ce qui permet d’aborder des problématiques que l’être humain rencontre véritablement, tout en apportant une part de rêve. Alors bien sûr, le genre de la SF est très très vaste, de même que tous les autres genres littéraires, et je pense d’ailleurs que tout l’intérêt est de connecter tous ces genres et de ne pas cloisonner un livre dans un style unique. Mais pour moi la magie de la SF c’est qu’à partir d’un simple concept, d’un simple postulat de base, on peut tout imaginer. Dans Infra, le postulat est simple : que se passerait-il si le magnétisme terrestre était beaucoup plus élevé ?
De là, tout découle : la technologie, la société… Et bien entendu ses dérives.
Mais pour être honnête, je n’ai pas eu la sensation de choisir d’écrire de la SF, et à vrai dire j’ai encore du mal à catégoriser Infra, c’est tout simplement le genre qui lui correspond le mieux et surtout qui me correspond le mieux 😁, je suis très fière de le représenter !
Est-ce le genre de ton prochain roman ?
Oh que oui ! Autant dans Infra, ce n’était pas si simple à déterminer, autant pour celui que je prépare, on est en pleine SF mais attention, cela reste toujours de la SF abordable pour les néophytes du genre, puisque l’on suit un personnage qui va découvrir l’univers en même temps que le lecteur 😉.
As-tu prévu de partir sur un tout autre genre un jour ?
Qui sait ? Je tenterais peut-être un récit de vie un jour ? La vie est longue, et remplie de surprise 😁.
As-tu d’autres projets et veux-tu en dire plus ?
Eh bien le prochain roman est en cours, rien à voir avec Infra, la construction narrative sera différente également (j’aime tester des structures originales) et tout ce que je peux dire c’est que pour les amateurs de rencontre du troisième type, il y aura de quoi faire 😉. Un troisième projet, toujours SF est en cours de maturation, et deux autres projets, davantage ancrés dans notre monde, sont en ébauche 😁. Bref, les prochaines années devraient être très productives !
