David Royer est le septième auteur a avoir rejoint l’Entre-Rêve Edition, en 2022, avec son roman No Heroes, seul ouvrage dépassant les cinq cent pages. Découvrez cet auteur normand aujourd’hui à travers cette interview.

As-tu toujours écrit ?

Oulà, question complexe dès le début !
Oui et non.
J’ai toujours eu énormément d’imagination, avec une tendance à m’inventer beaucoup d’histoires. Et quand j’étais adolescent, je devais avoir 12-13 ans, un truc comme ça, effectivement, je me suis mis à l’écriture. Les rares textes qui ont survécu sont désormais sous scellés avec interdiction de les montrer à quiconque pour manque de qualité (rire, ndlr).
Et quand j’avais 14-15 ans, il y a un truc qui avait pris pas mal d’ampleur à l’époque : c’était les forums RP. En gros, ce sont des forums dédiés à un univers où chaque joueur se créait une fiche de personnage et le gérait en écrivant. Un peu comme si on rédigeait un livre à plusieurs, en somme.
J’ai passé des années sur plein de forums différents, j’ai pas mal peaufiné mon style à cette époque, mais ce n’est qu’aux alentours de 2006 que j’ai trouvé l’idée et la motivation qui m’ont conduit à vraiment travailler sur un roman.
Premier roman que j’ai mis à peu près huit ans à finaliser et travailler.
Donc avis aux jeunes écrivains : si vous galérez sur votre première œuvre, rassurez-vous, c’est normal !

Quel genre d’auteur es-tu ? Jardinier ou architecte ? (= se lancer sans trame ou se lancer avec l’histoire ficelée du début à la fin)

Eh bah pile entre les deux, en vrai.
Mon côté architecte m’incite à imaginer des idées, quelques scènes clefs, différents personnages et quelques nœuds d’intrigue, et une fois que j’estime avoir suffisamment de matière, je me lance dans l’écriture. Sauf qu’au début, je n’ai pas la moindre idée de ce qui va se passer dans 75% du bouquin.
C’est juste que je me laisse guider par mon imagination et surtout, par la cohérence. 
Pour moi, une histoire se doit d’être cohérente. Si des événements ont lieu ou que des décisions sont prises, il faut que ce soit dans une certaine logique.
Il m’est déjà arrivé de me retrouver à un instant pivot de l’intrigue et j’étais censé l’orienter dans une certaine direction, sauf que ça collait pas. La psychologie des personnages ne marchait pas dans cette optique. Donc il a fallu que j’imagine un autre embranchement, qui m’a mené dans une direction à laquelle je ne m’attendais pas.

Faut-il des conditions particulières pour que tu puisses écrire (ex : de la musique, être dans un café, etc.) ?

Oui et non.
En fait, il faut surtout que j’ai la motivation. Donc, en général, c’est plutôt le matin, quand je suis encore bien frais et que j’ai les idées dans la tête.
Et pourtant, ça m’est déjà arrivé de me mettre devant l’ordi et de commencer à écrire sans être particulièrement enjoué. Et au fur et à mesure, j’ai mon cerveau diesel qui a pris le temps de chauffer, et du coup, j’arrive à me motiver pour la suite.
Et pour l’ambiance, c’est pareil. Par moments, j’aime bien écrire en silence, à d’autres, j’aime mettre de la musique. 
Ce qui surprend le plus les autres auteurs, c’est quand j’écris pendant les salons ou les festivals. On est bien tranquilles à notre stand, t’as plein de monde et de bruit et tu me vois en train de griffonner mes histoires pendant deux heures.

Pensais-tu un jour publier tes histoires ? 

Meh.
J’avais cet espoir étant gamin, mais dans l’ensemble, la majorité de ce que j’écrivais, ça restait pour moi.
Ce n’est qu’aux alentours de la vingtaine que j’ai vraiment eu la volonté d’écrire des histoires complètes, avec l’intention de les publier.

Pourquoi la science-fiction pour ton premier roman chez nous ? As-tu prévu de partir sur un tout autre genre un jour ?

Alors, pour le coup, je vais répondre à plusieurs questions en même temps, parce que vous l’aurez remarqué, j’ai du mal à rester concentré sur une chose à la fois.
Le fait est que malgré une préférence pour la Fantasy, je ne me raccroche pas à un seul et unique genre littéraire. J’ai déjà écrit de la Fantasy contemporaine, de la Fantasy médiévale, de la Science-Fiction…
Actuellement, je tente de publier un livre d’épouvante-horreur et je suis en train d’écrire un roman sur l’empathie et le harcèlement dans un environnement scolaire.
Donc, pourquoi la SF pour un premier roman chez Entre-Rêve ? Eh bien tout simplement parce que Entre-Rêve édition a aimé le livre et a voulu lui donner une chance. Si j’avais écrit un autre genre de roman à cette période, c’est celui-là que j’aurais proposé à la maison d’édition. Et peut-être qu’il aurait beaucoup moins plu, allez savoir ! (rire, ndlr)

As-tu d’autres projets et veux-tu en dire plus ?

Oh, bien sûr. 
Beaucoup trop, même. Juste pour l’aspect auteur de romans, j’ai prévu de la SF, de la Fantasy, du Fantastique, du Policier, de la Romance, même ! Donc, je ne compte pas du tout m’arrêter là.
Sinon, j’ai un projet de bande-dessinée en cours. Le script est entièrement finalisé, l’illustrateur est en train de mettre tout ça en dessin, et on recherche désespérément un éditeur.
Je suis également en cours de retravail avec un éditeur sur un livre de Jeu de Rôle, avec l’espoir qu’il soit publié d’ici quelques temps.
Et encore au-delà, je suis vidéaste sur Youtube. J’anime la chaîne ParlonsUnivers, où je fais de la vulgarisation et de l’analyse de tout un tas d’éléments de la fiction. Que sont certains genres narratifs comme la Fantasy ou la Science-Fiction ? D’où viennent les sorcières et les sirènes ? Certaines séries de jeux vidéo parviennent-elles à conserver leur cohérence ? Que valent les différentes formes d’adaptation ? 
Donc, voilà, je pense pouvoir dire que j’ai des projets pour au moins les quarante prochaines années (rire, ndlr).

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