Tanguy a rejoint la maison d’édition avec la couverture du livre INFRA, sorti en décembre 2024. Mais qui se cache derrière ces illustrations ?

Quand avez-vous commencé à dessiner ?

Mes premiers dessins remontent à mon enfance. J’ai exploré tous les styles jusqu’à l’adolescence : bande-dessinée, manga, portraits, paysages, animaux…
J’ai pendant longtemps adopté le style manga (paradoxalement je n’en lisais pas tellement), car j’ai toujours aimé la simplicité apparente de ce style. Les traits sont épurés, la ligne claire, les proportions millimétrées. Il suffit d’un élément mal placé, un visage très légèrement déformé ou un œil un tout petit peu trop gros, et le personnage se retrouve complètement modifié, voire inesthétique. Frustrant (ou gratifiant) pour les perfectionnistes ! On retrouve cet effet dans la BD franco-belge ; qui n’a jamais essayé de dessiner un Tintin en se disant : « Facile, une tête ovale et des points noirs pour les yeux » ? Eh bien non, pas si simple, car même Tintin obéit à une géométrie très précise.
Aujourd’hui, le dessin vectoriel (que j’ai commencé à pratiquer « sérieusement » en 2021) m’offre un peu plus de souplesse, car même si chaque élément est réfléchi jusqu’à son moindre positionnement, ce style est le mien et repose d’abord sur un travail de couleurs et d’agencement plus que sur l’extrême précision des formes.

Avez-vous des personnes/styles dont vous vous inspirez ?

Je me laisse surprendre par ce qui me passe sous les yeux ! Parfois, il s’agit d’une publicité sur un bus, une illustration dans un jeu vidéo, un pictogramme sur une pancarte… Parfois – fréquemment pour ma part – l’inspiration me vient en rêve.
Le style qui me parle le plus est le Landscape Flat Design, sorte de minimalisme qui consiste à créer des paysages ou des scènes avec plusieurs nuances d’une ou deux couleurs, pour leur donner un effet de profondeur. Les couleurs sombres sont au premier plan et s’éclaircissent avec la distance. On retrouve ce style sur certaines affiches touristiques vintage ou sur des posters de films. C’est également la patte artistique de certains jeux vidéo.
J’aime créer des logos, et mes illustrations reposent sur une logique similaire : les éléments/formes sont monochromes, et doivent donc être parfaitement identifiables. Je souhaite vraiment développer ce style plus en profondeur dans le futur, et peut-être, qui sait ? Provoquer l’effet « Ouah ! » à quelques personnes !

 

Avez-vous besoin d’un contexte particulier pour pouvoir concevoir de manière optimale ?

Pas vraiment, j’ai surtout besoin d’un déclic : « Tiens ! Je pourrais faire ceci/essayer cela ». Si je ne suis pas chez moi, je crayonne mes idées rapidement sur un bout de papier que je fourre dans mon sac pour plus tard.
J’ai remarqué que bien souvent, le résultat final n’a plus grand chose à voir avec l’idée que j’avais en tête au départ. Je dessine un peu comme je compose la musique : je me lance et j’affine, je corrige ou je change au fur et à mesure. Je supprime parfois des éléments entiers qui s’intégraient bien au départ, et qui ne marchent plus par la suite. Parfois, je lance mon logiciel et je me dis « non, ça ne marche pas », et je laisse tomber immédiatement. Ou bien, j’ouvre mon illustration sans grande motivation, j’essaye quelque chose, et soudainement j’y passe une heure car il s’avérait que c’était « la » bonne idée !

Qu’est-ce qui vous anime le plus dans ce métier ?

La reconnaissance, le simple fait de savoir que votre travail parle à quelqu’un, ne serait-ce qu’une seule personne. Je ne parle évidemment pas de la famille/amis/proches, ou autres personnes qui vous soutiennent quoi que vous fassiez – ce serait bien trop facile ! Mes créations « préférées » (qu’il s’agisse du dessin, ou même de la musique) sont rarement celles que les autres préfèrent. Ça fait du bien de se dire qu’il existe des personnes qui ont cerné votre univers, qui ont été touchés par votre vision des choses. C’est pour cela que j’aime créer. Partager des connexions artistiques, avec d’autres rêveurs !

Avez-vous toujours su que vous aimiez dessiner/faire du graphisme ?

Depuis quelques années, le graphisme vectoriel m’a permis de trouver la voie où exprimer ma créativité, là où le dessin traditionnel/numérique m’a souvent lassé il y a quelques années. Il m’arrive encore ponctuellement de prendre une feuille, un crayon, et de passer deux ou trois jours sur un portrait. Mais c’est devenu très occasionnel. En fait, les autres formes de créativité que le dessin ont souvent davantage nourri ma personnalité.
Aujourd’hui, je dois avouer que le challenge que représente l’illustration de couvertures de romans me plaît beaucoup ! Respecter un format, trouver une idée par rapport à ce que souhaite l’auteur, mais aussi avoir le champ libre dans l’interprétation et la symbolique… J’y trouve bien mieux mon compte, et je prends du plaisir à faire du graphisme de cette manière !

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